Blog

Accueil

Bienvenue sur notre site !

Ce site a été créé comme support pour notre sujet de Travaux Personnels Encadrés de première ES pour l'année 2013-2014. Les matières concernées sont les Sciences Economiques et Sociales et l'Histoire-Géographie. Le thème que nous avons choisi est "Ethique et Responsabilité", et notre sujet est "L'influence de la religion sur la société française". C'est un sujet qui nous intéresse et nous avons voulu appronfondir nos connaissances, et surtout apprendre de nouvelles choses sur ce thème. De plus, c'est un sujet qui apparaît souvent dans les actualités, c'est pourquoi nous avons voulu comprendre les problèmes posés par la religion dans notre société.

Dans quelles mesures les religions majoritaires ont-elles une influence sur la société française de 1900 à nos jours ?

Tpeeeee

Introduction

      La religion est définie comme un ensemble de croyances et des pratiques culturelles qui fondent les rapports entre les hommes et le sacré. De nos jours, la France compte environ 480 000 juifs, plus de 4,5 millions de musulmans et près de 38 millions de chrétiens, alors que les « sans-religions » représentent 35% de la population.

      Actuellement, la religion est un sujet très controversé en France. Depuis 1905, année de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, les débats sur les croyances n’ont pas cessé. Les différents lieux de cultes n’ont droit à aucune subvention de la part de l’Etat, le port de signes ostentatoires dans des lieux publics est interdit, et le port du voile masquant la totalité du visage est également interdit dans les espaces publics.

     La religion catholique reste quant à elle majoritaire en France, mais la pratique diminue de plus en plus. Pourtant, elle est inscrite dans la culture française et dans l’environnement. Cependant, par principe, lors des recensements l’Etat français ne doit pas poser de question concernant l’appartenance religieuse, mais des instituts tels que l’INSEE et l’INED peuvent réaliser des études concernant la pratique religieuse en France.

       Malgré la laïcité, de nombreux croyants continuent à réfuter certaines lois adoptées en France, comme l’IVG ou le mariage homosexuel.

       Nous allons étudier les influences des religions majoritaires en France sur la société à partir de l’année 1900.

       Dans quelle mesure les religions ont-elles une influence sur la société française de 1900 à nos jours ?

     En premier lieu, nous étudierons l’influence de la religion sur la politique. Dans un second temps, nous analyserons l’impact de ces croyances sur la culture et les comportements familiaux. Finalement, nous verrons quelles sont les répercussions des cultes sur la médecine.

L'influence de la religion sur la politique

Les religions ont toujours eu une influence sur la société. L’un des premiers sujets influencés est la politique. La France est un état laïc, c’est-à-dire qu’elle ne reconnaît pas de « religion d’Etat ». L’Etat est séparé du clergé, et il doit donc se montrer neutre à l’égard des confessions religieuses. De nombreuses lois ont été instituées au fil des années, la question de la religion devenant de plus en plus présente dans notre quotidien. Lors des élections, les candidats donnent toujours leur point de vue vis-à-vis de l’attitude à adopter face aux croyances, cela créant de nombreuses polémiques, mais cela dirige aussi des individus de certaines confessions vers certains partis politiques.

Comment la religion a-t-elle une influence sur la politique ?

 

A) La laïcité

La laïcité telle qu’elle est en France n’existe nulle part ailleurs : elle provient de l’histoire tourmentée des rapports entre l’Eglise et la République. Les sociétés étant de plus en plus multiconfessionnelles, elle semble pourtant promise à un brillant avenir. Les prémices de la laïcité apparaissent dès 1789, dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. L’article 10 proclame la liberté religieuse, « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses (…) ». En 1791, la Constitution instaure la liberté des cultes. La laïcité est dans les débats depuis plusieurs décennies. En juillet 1901, la loi sur les associations limite l’influence des congrégations religieuses dans l’enseignement. Les congrégations catholiques doivent demander une autorisation.

La Constitution de 1958 implique que la République Française est laïque sans autre précision que celle de l’égalité des citoyens devant la loi sans distinction de religion, en y ajoutant le respect de toutes les croyances. On peut définir la laïcité comme une conception politique où l’Etat n’exerce pas de pouvoir religieux tandis que les religions n’ont aucun pouvoir politique. Longtemps, et encore aujourd’hui, la laïcité a été prise à tort pour un combat contre la religion, du fait de l’environnement conflictuel quand fut votée la loi de séparation de l’Etat et de l’Eglise. De nos jours, les religions, à l’exception de très minoritaires mouvements intégristes, sont pleinement satisfaites des principes de la laïcité. Cependant, l’Etat doit exercer un contrôle pour les faire respecter.

En 1902, lorsqu’Emile Combes est président du Conseil, il fait fermer les congrégations catholiques non autorisées, ce qui provoque une vague de protestation des évêques. En juillet 1904 a lieu une rupture des relations diplomatiques entre la France et le Vatican, causée par le fait que plus aucun congrégationniste n’a le droit d’enseigner. La loi de séparation des Eglises et de l’Etat apparaît en décembre 1905 : « La République assure la liberté de conscience, garantit le libre exercice des cultes, mais n’en reconnaît, n’en salarie, n’en subventionne aucun ». Ce qui signifie que l’Etat Français ne reconnaît aucune religion officielle, et n’intervient pas dans leur fonctionnement. De 1906 à 1907 a lieu le conflit des inventaires : les inventaires des biens des lieux de culte provoquent les protestations des paroisses. La gauche se divise en deux : la gauche radicale, souhaitant éliminer la religion, et la gauche modérée, pour la liberté de conscience. De même que la droite : les radicaux rejettent la séparation et les modérés essaient d’atténuer les effets de cette séparation.

En janvier 1907 est instaurée une nouvelle loi, sur l’appartenance des édifices religieux : plus de 30 000 édifices sont mis à disposition des Eglises. Entre 1914 et 1918, les relations avec le Vatican sont rétablies. De nombreuses congrégations reviennent car elles sont tolérées par les pouvoirs publics. A la fin de la guerre, l’Alsace-Moselle revient à la France, leur législation scolaire est donc conservée. Lorsque la loi séparant l’Eglise et l’Etat fut promulguée en 1905, les départements Alsaciens et la Moselle étaient encore allemands (depuis 1871). Le pouvoir allemand ne modifia pas le statut de Concordat de 1801, qui sous le premier Empire définissait les rapports entre l’Etat et l’Eglise. Après le retour des trois départements à la France en 1918, ce statut fut maintenu et est toujours en vigueur aujourd’hui malgré des tentatives d’abolition. L’Etat rémunère et nomme les responsables des cultes catholiques, protestants et judaïques.

En 1924 intervient une coalition des socialistes et des radicaux aux élections législatives. Le « Cartel des gauches » connaît un succès. Les lois laïques en vigueur sont durcies, mais les évêques mobilisent les catholiques, ce qui crée une nouvelle vigueur de l’Eglise. En 1936, les ligues laïques connaissent un triomphe : les circulaires Jean Zay interdisent toute forme de prosélytisme, politique ou confessionnel à l’école. En 1940, sous le régime de Vichy, a lieu une annulation de la plupart des conquêtes laïques, suivie par une loi de mars 1941 ayant le même but. L’Etat subventionne donc les écoles privées. Durant la IVème République, donc de 1945 à 1958, la Constitution mentionne que « La  France est une République une et indivisible, laïque, sociale et démocratique ». Le terme de laïcité apparaît pour la première fois dans un texte officiel dans la Constitution de 1946 : « la France est une République laïque » et « l’organisation de l’enseignement public, gratuit et laïc à tous les degrés est un devoir d’Etat. »  La Constitution de la Ve République ajoute « La République respecte toutes les croyances ». En ce qui concerne la Guyane, département français depuis 1946, elle reste gérée par une ordonnance royale de 1828 et les prêtres sont des agents titulaires du département.

Démocrates, chrétiens du Fonds du Mouvement Républicain Populaire et socialistes collaborent. Des tentatives de négociations discrètes entre le Vatican et la France ont lieu sous Guy Mollet, président du Conseil et du Parti socialiste. En 1959, la loi Debré accorde des subventions publiques aux établissements privés sous contrat, c’est un tollé chez les ligues laïques.  De 1962 à 1965 a lieu le Concile Vatican II. Les avancées de l’Eglise catholique sur des questions de mœurs et de théologie ouvrent une période d’apaisement avec les anticléricaux français. Le projet de loi Savary, ministre de l’Education Nationale du gouvernement Mauroy, est voté en 1984. Il vise à fédérer éducation publique et écoles privées dans un même dispositif d’Enseignement national. Les défenseurs de l’école confessionnelle et de la simple liberté de choix se mobilisent lors d’une manifestation le 24 juin à Paris. Ils sont plus d’un million à manifester, ce qui provoque le retrait de la loi et la chute du gouvernement.

 La première affaire concernant le voile a lieu en 1989 : un principal du collège de Creil refuse l’accès à l’établissement à des élèves musulmanes portant le voile islamique. La « circulaire Jospin », du nom du ministre de l’Education nationale de l’époque, s’oppose au port du voile. La seconde affaire du voile se déroule en 1993-1994 : la « circulaire Bayrou » s’oppose au port de signes religieux « ostentatoires » dans les établissements publics, faisant la différence avec les symboles « discrets » pouvant être portés en classe. La troisième affaire prend place en 2003-2004. Le rapport Stasi sur la laïcité entraîne le vote, en mars 2004, d’une loi interdisant le port de signes religieux ostensibles à l’école et dans d’autres institutions de la République. Les signes religieux concernés sont la kippa, les grandes croix et le voile islamique. La loi permet cependant le port de symboles discrets.

                         Laicite

Chronologie des lois en France concernant la laïcité à l’école de 1882 à 2004.

En septembre 2013, Vincent Peillon, ministre de l’Education Nationale, fait connaître la première charte de laïcité à l’école. Cette charte doit être visible dans les établissements d’enseignement public : écoles primaires, collèges, lycées. Elle contient 15 points. Elle rappelle que la France est une République laïque, la liberté de conscience, l’accès à une culture commune et partagée, le devoir de neutralité des personnels de l’éducation et l’interdiction du port de signes ostentatoires.

 Charte laicit

            

Article de la Voix du Nord concernant un rapport sur la politique d’intégration 


Article de la Voix du Nord concernant un rapport sur la politique d’intégration

En décembre 2013, une nouvelle polémique apparaît : un rapport sur l’intégration est remis au premier ministre, Jean Marc Ayrault. Les auteurs de ce rapport, qui disent vouloir en finir avec « les discriminations légales », préconisent la « suppression des dispositions scolaires discriminatoires concernant notamment le voile ». La circulaire de 2012 concernant l’interdiction des mères voilées d’accompagner les élèves lors des sorties scolaires est également visée par ce rapport. Très vite, le gouvernement est accusé de vouloir réintroduire les signes religieux à l’école, mais le premier ministre dément et affirme qu’à aucun moment le gouvernement n’a eu cette intention.

Ce rapport implique, entre autres, la suppression de la loi sur le voile et la circulaire sur l’accompagnement lors des sorties scolaire et la suppression des conditions de nationalité pour accéder à un emploi.

La laïcité est un principe dorénavant quasiment admis par tous dans la société française, et elle est parfois considérée comme porteuse de valeurs telles que la démocratie, les droits de l’homme, la tolérance et la liberté religieuse. L’esprit de laïcité est fait d’une équivalente tolérance entre toutes les croyances et les non croyances.

 

B) Le vote

 

En plus d’avoir une influence sur les lois, la religion a également un impact sur le vote. En effet, tous les candidats politiques se doivent de donner leur opinion et leur programme concernant la religion. Ce qui peut diriger les individus de certaines croyances vers des différents candidats.

France 24 a réalisé une étude pour tenter de mesure l’influence de la religion sur les convictions politiques. 

L’appartenance religieuse joue bien un rôle au moment de voter, « bien plus encore que la classe sociale », affirme Claude Dargent, chercheur du Cevipof (Centre de recherches politiques en Sciences Po).

En France, les catholiques sont majoritaires dans l’électorat (57,2%), suivis par les musulmans (5%), les protestants (2%) et les juifs (0,6%). Toutefois, les personnes se déclarant « sans religion » ne représentent pas moins de 30% des électeurs.

Pour mesurer l’impact de la religion sur les choix politiques des Français, France 24 a interrogé plusieurs individus de confessions différentes : deux catholiques, deux musulmans et deux juifs, chacun se revendiquant soit de l’UMP, soit du Parti Socialiste. La même question leur a été posée : quel est le poids de votre religion dans vos convictions politiques. Claude Dargent est l’auteur des rapports sur le vote des musulmans et sur le vote des catholiques en France

Selon Claude Dargent, les musulmans sont de plus en plus nombreux à s’inscrire sur les listes électorales. Ils représentaient 5% de l’électorat en 2007, contre 0,7% en 1997. Cette hausse est notamment due aux Français issus de l’immigration se tournant davantage vers l’islam. Ce groupe confessionnel s’oriente plutôt à gauche : 95% des électeurs musulmans ont voté pour Ségolène Royal contre 5% pour Nicolas Sarkozy lors du second tour de l’élection présidentielle de 2007.

La preuve est que les trois-quarts de l’électorat musulman font partie des catégories populaires (ouvrier et employés en majorité), mais leur vote ne reflète pas celui de ces dernières, qui se répartir plutôt entre la gauche, la droite et l’extrême droite. On peut en déduire que le vote des musulmans est orienté à gauche en raison de leur appartenance religieuse, et non de leur classe sociale.

Claude Dargent s’est également penché sur le vote des catholiques. Il a constaté que depuis plusieurs années, les catholiques pratiquants votent cinq à six fois plus à droite que les électeurs se déclarant « sans religion ». Au premier tour de l’élection présidentielle de 2007, 49% des catholiques pratiquants on voté pour Nicolas Sarkozy, contre 12% pour Ségolène Royal. On constate toutefois que ce groupe confessionnel n’est pas attiré par l’extrême droite. En 2007, Jean-Marie Le Pen, candidat du Front national, avait réalisé son plus mauvais score chez les catholiques pratiquants.

Quant à François Bayrou, candidat du MoDem, seuls 14% des catholiques pratiquants se montraient sensibles à ses arguments en 2007, alors qu’il est pourtant issu du mouvement démocrate chrétien.

Claude Dargent note que le poids électoral des juifs étant de moins de 1%, le vote de ce groupe confessionnel est très difficile à étudier. Il explique toutefois qu’il s’agit d’un vote marqué à gauche, avec certains indices montrant cependant qu’une partie de cet électorat a été séduite par Nicolas Sarkozy en 2007.

Pour ce qui est du vote des protestants, Claude Dargent affirme qu’historiquement, ils votent majoritairement à gauche. Cette tendance s’est cependant atténuée au tournant du XXIe siècle.

Claude Dargent affirme que le vote religieux est « une question de valeurs avant d’être une question d’enjeux ».

Les candidats aux élections prennent en compte la représentation institutionnelle des différentes confessions, en faisant des visites régulières auprès des différentes confessions. Le ministre de l’Intérieur est également ministre des cultes. Nous avons étudié les programmes de deux partis politiques, le Front national et le Front de gauche concernant la religion.

En 2012, le Front national dénonçait un communautarisme favorisant « l’extension de modes de vie étrangers à la civilisation française et la vigueur de mouvements politiques visant à instaurer la suprématie d’une religion ou d’une loi religieuse ». Ce parti politique accuse en particulier le « fondamentalisme islamique », qui selon eux « impose sa loi avec comme objectif d’appliquer la charia en France ». Le Front national dénonce une « pression islamiste », influant sur les commerces, les écoles, les lieux publics, les hôpitaux. Il déclare également que la politique communautariste nie les principes fondamentaux de la laïcité, puisque certains lieux de culte seraient subventionnés avec de l’argent public, « grâce à des montages juridiques scabreux ». C’est ainsi que le programme du front national concernant la religion se basait sur ces points : l’inscription dans la Constitution que « la République ne reconnaît aucune communauté » et l’instauration d’un « ministère de l’Intérieur, de l’Immigration et de la Laïcité ».

Le Front de gauche indique que la laïcité est « un pilier de la République, une et indivisible, un principe vivant et porteur de droits inaliénables garantis à tout membre de la société ». Ce parti désire qu’aucune religion ne soit « mise à l’index au prétexte de la laïcité comme le fait régulièrement le Front national à propos de la religion musulmane ». Le Front de gauche indique dans son programme réaffirmer le bienfondé et l’actualité de la loi de 1905 sur la laïcité : toutes les modifications ultérieures de cette loi affectant ces principes seront abrogées. Aucun financement public ne doit être octroyé à la construction de nouveaux établissements scolaires privés, ou à la rénovation de ceux existant. Le Front de gauche souhaite défendre la laïcité dans les institutions européennes, et refuse le financement public des religions.

Nous pouvons conclure que malgré le principe de laïcité instauré en 1905, la religion a toujours une influence sur la politique française. 

L'influence des croyances sur la culture et les comportements familiaux

 

Les familles catholiques ont traditionnellement plus d’enfants que les autres en France. L’écart existe-t-il encore de nos jours alors que la pratique religieuse a beaucoup rétrogradé ? D’autres religions telles que l’islam notamment sont en expansion en raison de l’immigration.

Ceux qui les pratiquent ont-ils également plus d’enfants que la moyenne ?

A) Pratique religieuse


        En France, La pratique religieuse s’est affaiblie au fil des générations.
De plus en plus de personnes se déclarent non pratiquantes.
La religion catholique était la religion dominante en France depuis longtemps, mais depuis le 9 décembre 1905 le gouvernement français est devenu un état laïc. Après, la ferveur pour la religion diminue, particulièrement pour le catholicisme mais est restée majoritaire par rapport aux autres religions. En 2006, 65 % des Français se déclaraient catholiques, mais les personnes qui avouent être catholiques sont de moins en moins pratiquantes et une fraction croissante de la population se déclare sans religion. La deuxième religion de France est l’islam, elle se présente sous une grande diversité d’expressions, la religion musulmane représente 6 % de la population soit 5 millions de musulmans en France, ces musulmans sont très importants à la culture et à la société française.

       L’agnosticisme est en progression. Le nombre des personnes ne s’identifiant à aucune religion (plus de 25 % des Français) augmente, en particulier chez les jeunes. Toutefois, se dire "sans religion" ne signifie pas nécessairement que l’on se sente athée ou que l’on se désintéresse des questions dites "spirituelles". Par ailleurs, cette tendance n’empêche pas la progression parallèle de formes de sacralité diffuses ou sectaires.

         Il y a également le protestantisme qui représente 2 % de la population soit 1,2 millions de personnes dont 350 000 d’évangéliques et pentecôtistes. Aussi les « chrétientés historiques » regroupent environ 750 000 personnes autour de l’Eglise orthodoxe, de l’Eglise apostolique arménienne et des diverses Eglises orientales.
Les fidèles du bouddhisme sont estimés à 400 000.
Les mouvements religieux atypiques connaissent une certaine vitalité, comme les Témoins de Jéhovah, qui se déclarent au nombre de 140 000.
Et enfin le judaïsme qui compte environ 600 000 personnes, qui sont en majorité d’origine Séfarade à la suite de l’arrivée en métropole des juifs d’Afrique du Nord dans les années soixante. Un fort mouvement de renouveau de l’identité, des études et de la pratique marque le judaïsme français.

 

On dit que la pratique régulière d’une religion se renforce avec l’âge, est plus fréquente chez les femmes et les étrangers, mais ne dépend pas de la position sociale. Sa progression par rapport à 1987 n’est sensible que chez les personnes âgées. La part des personnes ne déclarant ni pratique religieuse ni sentiment d’appartenance a également évolué, surtout chez les plus jeunes.
La France est le pays européen qui compte le plus grand nombre de musulmans, de juifs et de bouddhistes. Mais les 3 religions majoritaires en France sont le judaïsme, l’islam et le christianisme, qui sont toutes les trois des religions monothéistes.


      

L’âge peut influencer l’appartenance religieuse 5 % des hommes et 3 % des femmes âgés de 65 à 79 ans affirment appartenir à aucune religion, c’est le cas respectivement de 27 et 23 % des 18-24 ans.


Religion déclarée selon l'âge

Ce déclin de la religion  s’accompagne d’une redistribution des confessions.
Les personnes qui déclarent avoir une religion, 95 % des 65-79 ans se disent catholiques contre 88 % des 18-24 ans, notamment la religion musulmane est de plus en plus représentée (moins de 2 % des 65-79 ans contre 7 % des 18-24 ans).
En 2005, à peu près 35 millions des 18-79 ans (80 %) ont donc comme religion d’origine ou d’appartenance le catholicisme, un peu plus de 2 millions (5 %) se proclament être musulmans, 900 000 (2 %) protestants et 800 000  (2 %) d’une autre confession ; 5 millions (11%) déclarent n’avoir aucune religion.

 

On compare les comportements familiaux et la pratique religieuse en quatre sous-populations :

– les personnes « sans religion », déclarant n’avoir aucune religion ;

– les « non-pratiquants », ne déclarant aucune pratique mais ayant indiqué une religion d’origine ou d’appartenance ;

– les « pratiquants les moins assidus », ayant une appartenance religieuse et une pratique inférieure à la pratique médiane de leur génération (en tenant compte du sexe) ;

– les « pratiquants les plus assidus », ayant une appartenance religieuse et une pratique supérieure ou égale à la pratique médiane de leur génération (en tenant compte du sexe).

 

La pratique chez ceux déclarant une religion est plus faible aux jeunes âges qu’aux âges élevés : pour les 65-79 ans, 68 % des hommes et 55 % des femmes affirmant appartenir à une religion disent ne jamais « assister à un service religieux » (mis à part les mariages, baptêmes et enterrements) à l’encontre des 18-24 ans qui est de 85 et 80 %. Et l’assiduité est moindre chez les pratiquants : 12% pour les hommes et 20% pour les femmes à 65-79 ans qui assistent à un service religieux plus de deux fois par mois contre 3 et 4 % à 18-24 ans.
Outre aussi le fait que les catholiques pratiquants votent plus à droite (39 % pour l’UMP et 12,9 % pour le centre droit) que leurs concitoyens.

La moindre pratique religieuse des jeunes générations vient du fait que l’adhésion à la religion est de plus en plus individuelle et relève moins d’un conformisme social, elle nécessite donc moins de manifestation extérieure.

La pratique religieuse se renforce donc à un certain âge chez les personnes âgées, par contre les jeunes adultes sont de moins en moins préoccupés par la religion donc de moins en moins pratiquants en France.

B) Comportements familiaux

2


     Autrefois, le mariage était plus souvent rompu par le décès du conjoint que par le divorce ou la séparation.
Les deuxièmes étaient rares et la majorité des ruptures étaient assez tardives.


     En 2005, parmi les personnages âgées ayant vécu en couple au moins une fois de 65 à 79 ans seule une sur dix (11% des hommes et 9 % des femmes) a déclaré avoir connu une deuxième union contre une sur quatre parmi les 45 à 49 ans.

      Le mariage reste presque incontournable et souvent un engagement pour la vie ; il demeure le cadre dans lequel naissent les enfants et les unions sans enfant sont rares.

4
        La descendance, plus élevée que la moyenne, a même augmenté dans les dernières générations. À l’opposé, les personnes se déclarant sans religion rejettent le mariage plus que les autres et connaissent des parcours conjugaux plus complexes ; leur infécondité s’accroît et leur descendance est souvent plus restreinte.

       Il y a maintenant 40 ans, il était assez rare que les futurs époux vivent ensemble avant de se marier (seulement un mariage sur dix).
L’attachement à la religion va de pair avec une fréquence moindre de cohabitation prénuptiale (voir doc3). La cohabitation prénuptiale est moins répandue chez les personnes pratiquant une autre religion que le catholicisme, notamment la religion musulmane : parmi les catholiques les plus pratiquants, 75 % ont vécu ensemble avant leur mariage. Il est de plus en plus fréquent par ailleurs de vivre en couple sans se marier. En 2005, chez les personnes âgées de 65 à 79 ans ayant déjà vécu en couple seules 2 % n’ont jamais été mariées, contre 18 % des hommes et 15 % des femmes âgés de 45 à 49 ans. Ces proportions diffèrent fortement selon l’attachement à la religion : seuls 6 % des hommes et 7 % des femmes les plus pratiquants ne sont pas mariés, alors que c’est le cas d’environ un cinquième  des personnes les plus éloignées de la religion (sans religion et non-pratiquants).

 

      En 2012, un débat concernant le mariage pour tous a agité l’opinion publique.
Le 29 juin 2012, la ministre déléguée à la famille, Dominique Bertinotti, annonce qu’une loi autorisant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels sera votée en 2013. En novembre 2012, Christiane Taubira présente en Conseil des Ministres le projet de loi. Le 2 février 2013, l’article 1 du projet de loi, ouvrant le mariage aux couples de même sexe est adopté. L’Assemblée adopte le texte en première lecture. Le 23 avril 2013, le projet est définitivement adopté par le Parlement malgré de nombreuses manifestations de la part des opposants : toutes les religions sont opposées au mariage pour tous.

      Les religions sont également opposées à la contraception : l’Islam, le Judaïsme et le Christianisme l’interdisent.

      Vers 1970, moins d’un premier né sur cinq (18 %) a des parents non mariés, contre un sur deux vers 2000. La proportion dépasse les deux tiers chez les personnes proclamant être sans religion, la moitié chez celles en déclarant  une sans la pratiquer, le tiers chez les pratiquants les moins assidus et n’atteint pas un tiers chez les plus pratiquants. Néanmoins, même chez ces derniers, la proportion a largement monté depuis les années 1970 : la durée de cohabitation prénuptiale s’allonge et le mariage intervient plus souvent après la naissance du premier enfant. 7 à 8 % des personnes de 65 à 79 ans ayant vécu en couple n’ont pas eu d’enfants, ceci quel que soit leur attachement à la religion. Du côté des 45-49 ans, la proportion varie de 5 % chez les plus pratiquants, 5 % chez ceux qui pratiquent peu, et 12 % pour les personnes sans religion. Chez les plus pratiquants, la forte fécondité n’est pas un phénomène nouveau (voir figure 4). Les hommes qui pratiquent le plus et ayant vécu en couple au moins une fois ont eu en moyenne 0.3 à 0.4 enfant de plus que les autres. Cette spécificité tient principalement à l’influence des religions autres que le catholicisme, les catholiques les plus pratiquants ayant finalement une descendance proche de ceux qui pratiquent peu. Au contraire des femmes, les plus pratiquantes se détachent de la religion au fil du temps. Depuis les générations nées dans les années 1950, leur descendance a même accru, notamment chez les seules catholiques.

      Il y a une vingtaine d’années, les enquêtes menées montraient que les comportements en matière de contraception étaient peu liés à la l’attachement à la religion En revanche, pour la fécondité chez les femmes au fur et à mesure que la pratique religieuse se raréfie, les valeurs familiales apparaissent plus prégnantes chez la minorité de femmes qui pratiquent encore.

      On remarque le catholicisme qui est la religion dominante en France, est celui qui féconde le plus et dont les mariages sont les plus nombreux. On peut donc dire que malgré que le pays soit laïc, le catholicisme joue un rôle important sur la société.

L'impact de la religion sur la médecine

         De nos jours, la médecine a fait de nombreux progrès. Cependant, ces progrès ne s’accordent pas toujours avec les différentes religions. Les techniques posant problème se multiplient, non seulement pour les croyants, mais également pour tous les citoyens, ce qui oblige les Etats à légiférer. Que cela concerne l’euthanasie, l’avortement, ou la procréation médicalement assistée, les avis divergent. Certains veulent respecter leurs croyances et luttent pour la prohibition de ces techniques, d’autres mettent en avant le bien-être des personnes et pensent que ces techniques pourraient être utilisées dans certains cas.

        Quel est impact des religions sur la médecine ?

A) L’euthanasie

       L’euthanasie est l’acte qui consiste à écourter la vie d’une personne condamnée afin de lui épargner des souffrances insoutenables. On distingue l’euthanasie active, qui consiste en un acte volontaire commis par un médiateur de sa propre initiative ou à la demande du patient, de l’euthanasie passive, impliquant l’omission des médicaments qui auraient pu prolonger la vie du malade.

       On parle d’euthanasie volontaire dans trois cas : lorsque le malade souhaite que l’on mette fin à ses jours car sa vie devient insurmontable, lorsqu’il refuse les soins (généralement dans le cas d’une maladie incurable à un stade terminal), et lorsqu’il demande qu’on lui donne un traitement qui atténue ses souffrances mais qui va hâter sa fin.

      Quant à l’euthanasie involontaire, on discerne deux cas : quand le patient est dans l’inaptitude de donner son accord, et quand on arrête un traitement jugé utile, autrement dit quand on refuse l’acharnement thérapeutique.

      Selon l’Assemblée médicale mondiale, un médecin doit s’abstenir de tout acharnement thérapeutique, c’est-à-dire qu’il ne doit pas administrer un traitement jugé inutile pour un patient en fin de vie.

      De nos jours, les opinions restent partagées quant à l’euthanasie.

      En France, l’euthanasie active est considérée  comme un assassinat.

      Les juifs interdisent l'euthanasie active. Le renoncement à des actes médicaux (euthanasie passive) est possible.

      Pour les musulmans, nul ne peut avancer ou retarder l’heure de la mort, qui dépend de la volonté de Dieu. Il est interdit de donner la mort si ce n’est pas à bon droit (peine de mort).

     Pour les chrétiens orthodoxes, participer à une euthanasie est considéré comme un meurtre. Une personne malade qui choisit l’euthanasie est considérée comme une suicidée. Toutefois, le 11 février 2009, jugeant que dans certains cas il ne faut pas soutenir le corps, l'Eglise orthodoxe russe se démarqua du Vatican dans le cas de la jeune Italienne, Eluana Englaro, laquelle, dans un état végétatif depuis 17 ans, était décédée après l'interruption de l'alimentation et de l'hydratation artificielle demandée par sa famille et autorisée par la justice.

      Les protestants s’accordent à penser qu’une certaine euthanasie est la réplique de l’acharnement thérapeutique, et n'est donc pas permise. Certains pensent qu’une demande du mourant d’être délivré d’un vain combat, doit être écoutée et non jugée.

      Pour les catholiques, l'euthanasie est irrecevable, dans la mesure où elle consiste à mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes.
L’Eglise catholique est également opposée à toute forme d’acharnement thérapeutique ; elle précise que l’alimentation et l’hydratation ne constituent pas une forme d’acharnement thérapeutique.

     Récemment, l’affaire Vincent Lambert a provoqué des réactions au sujet de l’euthanasie. Vincent Lambert, victime d’un accident de la route en 2008, se trouve dans un état « pauci-relationnel », c'est-à-dire qu’il ressent la douleur, bouge les yeux, mais il est impossible de savoir s’il comprend ce qu’on lui dit. L’équipe médicale qui le prend en charge, son épouse, et une partie de sa famille sont pour l’arrêt des traitements qui le maintiennent en vie ; contrairement à ses parents, catholiques pratiquants, et une autre partie de sa famille, refusant catégoriquement cette décision.

      Mais l’acharnement thérapeutique est-il raisonnable ? Comment peut-on prendre une décision de ce genre en évitant la religion ?

B) L’avortement

      L’avortement est un acte médical qui pose de nombreux problèmes dans notre société. En effet, les religions s’opposent à cet acte et le considèrent comme un crime. Pour les croyants, le bébé est vivant dès sa conception. Mais cette question a été, est et sera toujours un sujet de débat : peut-on considérer un fœtus comme un être vivant ?  Certains s’accordent pour dire que oui, alors que d’autres pensent le contraire. Toutefois, les religions peuvent accepter l’avortement dans des cas « extrêmes ».

 

     Selon les religions, le corps d’une femme est fécond et sa fécondité ne doit être en aucun cas interrompue.  Bien que cette pratique médicale soit de moins en moins taboue et qu’elle se libéralise de plus en plus, elle reste pour les conservateurs de toutes religions confondues un acte abject, car pour eux, c’est un assassinat.

 

     Le point de vue chrétien est tout à fait clair sur le sujet : avorter revient à tuer un enfant. Si la femme a été victime d’un viol, elle doit être prise en charge et confier son nourrisson à une famille d’accueil.
Les papes se sont toujours positionnés contre l’avortement.

     Le Vatican a toujours été contre la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse. Il est décrit comme un meurtre commis dans l’irrégularité religieuse et morale. Jean Paul II, pape de 1978 à 2005, déclarait à propos de l’avortement : « L’avortement et l’euthanasie sont des crimes qu’aucune loi humaine ne peut prétendre légitimer ».

     Le pape Benoît XVI, lors de son voyage au Brésil en mai 2007, déclarait quant à lui soutenir la décision de l’Eglise catholique mexicaine qui a menacé d’excommunier des députés de gauche ayant voté en faveur de la légalisation de l’avortement au Mexique. Il affirmait : « Oui, cette excommunication n’est pas arbitraire, elle est permise par la loi canonique qui dit que le meurtre d’un enfant innocent est incompatible avec la communion, qui consiste à recevoir le corps du Christ ».

      Les protestants sont quant à eux plus ouverts d’esprit, ils essaient de peser chaque situation difficile. L’avortement est considéré comme une facilité pour se détourner des « problèmes » : il est mieux de trouver d’autres solutions. Les protestants s’expriment pour la première fois sur ce sujet en 1971 : « dans certains cas, il y a plus de courage et d’amour à prendre la responsabilité d’un avortement qu’à laisser venir au monde des vies menacées ».

      Le point de vue musulman est similaire au point de vue chrétien : l’embryon est vu comme un être vivant, dès qu’il y a fécondation, il y a vie. Néanmoins, des mesures sont prises dans certains pays à majorité musulmane, tel que dans les pays du Maghreb ou l’Arabie Saoudite, pour que l’avortement soit toléré : si la grossesse présente un risque pour la mère, ou en cas de viol.

      Seulement, l’avortement reste impopulaire. Même si la législation l’impose, tous les centres médicaux ne sont pas aptes à le pratiquer, et certains médecins s’y refusent encore.

      Le Coran stipule que Dieu a insufflé la vie au 100ème jour de grossesse c’est la raison pour laquelle l’avortement est strictement prohibé au terme du 4ème mois de grossesse (100-120 jours)

      Dans la religion juive, le cas de l’avortement est semblable aux deux autres religions, le fœtus est considéré comme un être vivant à part entière et la vie se doit d’être respectée. Mais il existe un désaccord au sein de la communauté judaïque pour savoir si l’interdiction de l’avortement est biblique ou rabbinique. L’interruption de la grossesse est acceptée avant le 40ème jour de grossesse dans deux cas : si la mère est en danger (la vie de la mère est prioritaire sur l’enfant pas encore né) et/ou si le fœtus présente un risque de malformation.

      En France, la loi n°2001-588 du 4 juillet 2001 fixe la période pendant laquelle une femme peut recourir de sa seule volonté à une IVG à douze semaines. L’avortement pour motif thérapeutique peut être pratiqué au-delà du délai des douze premières semaines et jusqu’au dernier moment de la gestation. Une période d’une semaine de réflexion, pouvant être raccourcie à 2 jours si elle place la femme hors des délais légaux pour l’avortement, doit être respectée entre le premier rendez-vous où la femme a exprimé son souhait de recourir à l’IVG et le jour de l’IVG.

      Cependant, l’IVG a longtemps été prohibé, il était même passible de travaux forcés à perpétuité, voire de la peine capitale. En 1920, la contraception et l’avortement sont interdits. En 1942, la loi du 15 février définit l’avortement comme un crime puni de la peine de mort. L’avortement thérapeutique est autorisé en 1955. Dès le début des années 1970, les mouvements féministes revendiquent le droit à l’avortement. La dépénalisation de l’avortement intervient en 1975, quand Simone Veil était ministre de la santé du gouvernement Chirac. Cette loi fut adoptée à titre expérimental, puis la loi de 1979 vint la confirmer.

      Récemment, un débat sur l’avortement a refait surface. En effet, en Espagne, un projet de loi réduisant le droit à l’avortement a été créé, ce qui a amené le sujet en France. Des manifestations ont eu lieu, pour et contre l’avortement. Cependant, le gouvernement ne désire pas changer la loi actuelle. Finalement, en 2014, le Parlement supprime le critère de « détresse » pour autoriser l’IVG.

    De ce fait, la plus grande partie des religions préconise la vie du fœtus sur le choix personnel de la mère. Le fœtus est considéré comme un être vivant à partir du moment où il est fécondé. La question qui persiste est donc de savoir si le fœtus peut effectivement être considéré comme un être vivant, et si les religions ont leur mot à dire sur les législations concernant l’avortement.

C) La procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui

 

    Le judaïsme autorise les inséminations artificielles, la fécondation in vitro, la congélation d’embryons et le diagnostic préimplantatoire. Ces techniques sont cependant réservées à un couple hétérosexuel, à l’exception du judaïsme libéral.

    L’Eglise catholique s’oppose totalement à la procréation médicalement assistée. En effet, le Vatican pense qu’un enfant doit être considéré comme un don de Dieu, et il conseille plutôt aux couples stériles de recourir à l’adoption. Par exemple, dans le cas d’une fécondation in vitro, plusieurs embryons sont créés, et ceux n’étant pas utilisés sont détruits. Or, pour l’Eglise un embryon est un être humain dès la rencontre des gamètes, donc détruire un embryon revient à commettre un infanticide.  L’insémination artificielle est interdite car elle n’est pas « un moyen technique ni une aide facilitant l’acte conjugal », elle s’y substitue.

    Le protestantisme est quant à lui plus ouvert sur ce sujet. La plupart des techniques de l’aide à la procréation sont autorisées. La seule restriction est que ces pratiques ne doivent pas avoir d’autre intérêt (par exemple financier) que celui de donner la vie à un enfant.

    La religion islamique ne s’oppose pas à la PMA, du moment que la technique utilisée n’a recours qu’aux gamètes des conjoints. Le recours aux dons de sperme, d’ovules et d’embryons est strictement interdit.

    Lors de sa campagne présidentielle, François Hollande souhaitait que les femmes célibataires et homosexuelles puissent accéder à la PMA, alors que ces techniques sont de nos jours réservées uniquement aux couples hétérosexuels infertiles. Séverine Mathieu, chercheure au Groupe Sociétés, Religions, Laïcités a été interrogée par Le Monde des Religions sur le sujet de l’AMP en 2012 :

        « L’institution catholique interdit tout recours à la médecine au nom de l'ordre naturel. Un couple qui ne peut pas procréer est invité à se tourner vers l'adoption. (…) De fait, l’institution médicale, en matière d’AMP, fonctionne encore suivant des modalités d’origine chrétienne. Si l'Eglise demeure fermement opposé à l'AMP, il existe des acteurs du concordisme parmi les représentants de l’institution catholique. Certains prêtres plus ouverts soutiennent des couples catholiques en AMP. (…) En France les autorités religieuses juives et musulmanes autorisent les inséminations artificielles avec les gamètes des deux conjoints, et l'interdisent lorsqu'il y a recours à un tiers donneur, l'anonymat faisant resurgir le spectre de l'adultère. Les autorités protestantes semblent être les plus ouvertes quant à leur position sur la possibilité du recours à l’AMP (…). En revanche pour toutes ces religions, cela concerne uniquement les couples hétérosexuels mariés. (…)Les parcours d’AMP semblent ainsi être un bon révélateur des aménagements individuels contemporains de la norme religieuse. Ce qui reste au centre des motivations de ces couples (…) c’est leur désir d’enfant. »

      On apprend que la religion catholique interdit formellement tout recours à des méthodes d’AMP. Cependant, certains prêtres soutiennent des couples voulant s’engager dans un processus d’AMP.

      En France, l’assistance médicale à la procréation est définie par l’article L2141-1 du code de la santé publique : « L’assistance médicale à la procréation s’entend des pratiques cliniques et biologiques permettant la conception in vitro, le transfert d’embryons et l’insémination artificielle, ainsi que de toute technique d’effet équivalent permettant la procréation en dehors du processus naturel ». Elle est légale lorsque sa mise en œuvre est limitée au traitement des cas de couples se trouvant face à des problèmes d’infertilité ou risquant de transmettre une maladie grave à l’enfant ou à l’un des membres du couple. La gestation pour autrui est interdite en France depuis la décision de la Cour de Cassation de 1991.

     La religion catholique est contre la gestation pour autrui. Selon l’église catholique, « la gestation pour autrui ne répare pas un préjudice subi par l’enfant, mais l’organise pour remédier à la souffrance d’un couple sans enfant. ». L’église orthodoxe d’Orient est également contre la GPA, ainsi que l’église protestante. Dans la religion Chrétienne, l’église anglicane est la seule à accepter la GPA.

     L’Islam est également contre la gestation pour autrui.

    Le Judaïsme accepte la GPA, tant que l’enfant est issu génétiquement des parents intentionnels.

Conclusion

         Grâce à nos TPE, nous avons montré que la religion a toujours une influence sur trois sujets importants : la politique, la famille et la médecine, qui reviennent souvent dans l’actualité. Nos TPE nous ont donc permis de mieux comprendre l’actualité et les réactions de certains groupes religieux vis-à-vis des nouvelles lois instaurées.

         Nous avons appris de nombreuses choses en ce qui concerne la laïcité. La loi instaurant la séparation de l’Eglise et de l’Etat a été effective dès 1905. De nombreuses lois, concernant notamment le port de signes ostentatoires, sont venues la compléter. L’Etat n’a désormais plus d’influence sur les confessions, et réciproquement. Nous avons également appris que la religion d’un individu peut avoir une influence sur son vote lors d’une élection, les musulmans étant plus tournés à gauche, ainsi que les juifs, contrairement aux catholiques se situant plutôt à droite.

        Nous savons aussi désormais que la religion a une influence sur les lois familiales. Lors de la mise en place du projet de loi concernant le mariage pour tous, de nombreuses manifestations ont eu lieu. L’Eglise s’oppose au mariage pour les couples de même sexe. Toujours concernant la famille, nous apprenons que la pratique religieuse varie selon l’âge, elle est plus faible chez les individus plus jeunes. La religion a aussi une influence sur les comportements familiaux.

        Enfin, nous avons souligné l’impact des confessions sur la médecine. Nous avons montré les points de vue des groupes confessionnels sur différentes pratiques médicales. Nous apprenons que les religions s’opposent fermement par exemple à l’avortement, sauf dans de rares cas. Les religions s’opposent également à l’euthanasie, et aux techniques d’assistance médicale à la procréation.

        Nous pouvons en conclure que les religions ont toujours une influence sur notre société, sur des sujets tels que la politique, les comportements familiaux, et la médecine. Cependant, la France étant un pays laïc, les religions ne peuvent pas influencer directement l’adoption d’une loi, seulement y réagir.

Lexique

Abroger : annuler un texte législatif

Agnosticisme : position philosophique considérant la vérité de certaines propositions concernant notamment l’existence de Dieu ou des dieux comme inconnaissable

Anticléricaux : personnes opposées au clergé et à son influence dans la société

Arbitraire : dépendant des choix d'une personne donnée, aux décisions sans autre fondement que son bon vouloir

Bienfondé : conformité au bien, légitimité, validité

Canonique : conforme aux canons, aux règles de l'église catholique

Charte : titre affirmant les droits d'une personne, d'un noble

Circulaire : lettre reproduite et adressée à plusieurs personnes

Clergé : ensemble des ecclésiastiques d'une ville, d'un lieu

Coalition : réunion temporaire de plusieurs partis, groupes politiques ou groupes de pression

Cohabitation prénuptiale : période durant laquelle un couple vit en union libre avant de se marier

Communautarisme : Tendance à privilégier la place des communautés dans l'organisation sociale.

Concile : réunion d'évêques et de cardinaux fixant le dogme de l'église catholique

Concordat : convention entre un État et le Vatican, réglant les rapports entre l'église de cet État etcet État lui-même

Conformisme social : soumission aux usages, aux règles morales communément admises

Congrégation : rassemblement de cardinaux chargés d'examiner une question précise

Conservateur : partisan du conservatisme, hostile à tout changement politique ou social

Controversé : Débat, contestation sur une question, polémique

Diffuse (sacralité) : relatif à la religion

Diversité d’expression : plusieurs sortes d’expression

Electorat : ensemble des électeurs; ensemble des électeurs considéré en tant que groupe particulier

Excommunier : retrancher quelqu'un de la communion de l'Église catholique

Fédérer : réunir, rassembler, grouper pour une même cause

Ferveur : ardeur passionnée, élan enthousiaste

Fondamentalisme : tendance conservatrice et intégriste de certaines religions

Fraction croissante : forte augmentation

Gamète : cellule reproductrice, mâle ou femelle, nécessaire à la fécondation

Inaliénable : Qui ne peut être cédé, enlevé

Institutionnelle : relative aux institutions, ensemble des règles établies pour garantir la satisfaction des intérêtsde la collectivité et des organes qui veillent à leur maintien

Intégrisme : doctrine des intégristes, qui exigent l'application intégrale des textes religieux à la vie publique d'un pays

Laïcité : principe excluant les Églises de l'exercice du pouvoir politique ou administratif, en particulierde l'organisation de l'enseignement public

Légiférer : promulguer une loi, définir des règles

Légitimer : faire admettre comme excusable

Mœurs : usages, coutumes d'une personne ou d'un groupe humain

Multiconfessionnelle : qui accueille plusieurs religions

Octroyer : accorder, concéder

Omission : action d'omettre, de taire, de ne pas mentionner

Ordonnance royale : loi royale

Ostensibles : qu'on laisse voir intentionnellement

Ostentation : étalage excessif d'une qualité, d'un avantage

Prémices : commencement, début

Prohibition : interdiction légale

Prosélytisme :zèle déployé pour attirer de nouveaux adeptes, pour propager une doctrine

Rabbinique : relatif aux rabbins, chef religieux, ministre du culte juif

Sacralité : qui a acquis ou revêtu un caractère sacré

Scabreux : qui choque la décence

Séfarade : d’origine espagnole / portugaise

Spirituel : relatif à l’esprit

Subvention :Somme donnée par l'Etat pour aider financièrement une activité d'intérêt général.

Suprématie : supériorité de puissance ou de rang

Théologie : étude des questions religieuses fondée sur les textes sacrés

Tollé : clameur d'indignation, mouvement de protestation

Ultérieure : qui se produit après, qui succède, opposé à antérieur

Bibliographie

Périodique

• La Voix du Nord. 14/12/2013.

Livres

• Laure Mistral. Le Bien et le Mal, la Religion et la Morale. Palette. 77 p. Nos Religions. ISBN 2915710163.

• M. Malherbe. Les Religions. Nathan. Repères pratiques. ISBN 2091824796

Sitographie

• Ségolène Allemandou. La religion a-t-elle une influence sur le choix du futur président ? 14 mars 2012, mise à jour le 15 mars 2012. Disponible sur :
http://www.france24.com/fr/20120314-dis-moi-religion-je-te-dirai-tu-votes-catholique-juif-musulman-UMP-PS-election-presidentielle/

• http://www.frontnational.com/le-projet-de-marine-le-pen/refondation-republicaine/laicite/

• Source Assemblée Nationale, http://www.akadem.org/medias/documents/1-chronologie-laicite.pdf

• Mariage pour tous, retour sur un an de débat. 24 avril 2013. http://www.ouest-france.fr/mariage-pour-tous-retour-sur-un-de-debat-chronologie-244605

• Parti communiste français. 22 mai 2006. Disponible sur :http://www.pcf.fr/744

• Romain Mielcarek. Laïcité ou pas, les religions pèsent encore sur la politique français. 5 février 2012. Disponible sur : http://www.atlantico.fr/decryptage/religion-consignes-vote-influence-orientation-politique-fidele-election-claude-dargent-279119.html

• Lola Petit. Assistance médicale à la procréation, éthique, religion et filiation. 21 février 2012. Disponible sur : http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/assistance-medicale-a-la-procreation-ethique-religion-et-filiation-21-02-2012-2291_118.php

• http://compilhistoire.pagesperso-orange.fr/euthanasie.html

• Arnaud Régnier-Loilier & France Prioux. Etude de l’INED et de l’INSEE : La pratique religieuse influence-t-elle les comportements familiaux ? Populations & Sociétés n°447. Juillet-Août 2008. Disponible sur : http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1366/publi_pdf1_447.pdf / http://books.google.fr/books?id=jkyosf8mJMQC&pg=PT397&lpg=PT397&dq=introduction+comportements+familiaux+religion+france&source=bl&ots=rce-xZxQf5&sig=urq7RuaaKyj-MZCtw0SglZVW6p4&hl=fr&sa=X&ei=GQT0UrCOMIWo0QWf14CoDg&ved=0CDIQ6AEwAQ

• La religion & la laïcité : https://collab.itc.virginia.edu/access/content/group/3773a2c7-fc6b-4fc9-b6fd-914f2b55ef1c/02_projets_des_etudiants/Religions_et_laicite/Religion_et_Laicite/Accueil.html

• L’état de la pratique religieuse en France, INSEE : http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip570

• Isabelle de Gaulmyn. La France reste catholique, mais moins pratiquante. 28 décembre 2009.http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/La-France-reste-catholique-mais-moins-pratiquante-_NG_-2009-12-29-570979

• Ministère des affaires étrangères et européennes. Les religions en France. Juillet 2008 : http://www.ambafrance-ch.org/IMG/pdf/religions.pdf

 

Documents iconographiques

http://www.google.fr/imgres?sa=X&biw=1360&bih=666&tbm=isch&tbnid=tf-lrFkZDHxENM:&imgrefurl=http://tpe-laicite.blogourt.fr/66923/FRISE-CHRONOLOGIQUE-DE-LA-LAICITE-EN-FRANCE/&docid=r3SqVJHcXV7IoM&imgurl=http://perlbal.hi-pi.com/blog-images/96152/gd/1138359785/FRISE-CHRONOLOGIQUE-DE-LA-LAICITE-EN-FRANCE.jpg&w=450&h=436&ei=OG2zUpy2DongyAOKz4Bg&zoom=1&iact=rc&dur=375&page=1&tbnh=124&tbnw=128&start=0&ndsp=33&ved=1t:429,r:0,s:0,i:83&tx=70&ty=73

• http://www.education.gouv.fr/cid73666/charte-de-la-laicite-a-l-ecole.html

• Graphiques de l’étude de l’INSEE et de l’INED